[Dossier] Les règles éducatives et familiales en Islam
Un rappel complet sur les règles qui construisent le foyer musulman : choix du conjoint, responsabilité, droits, invocation, modèle, patience, vérification, douceur et éducation des enfants.
La famille occupe une place immense en Islam. Les textes du Coran et de la Sounnah sont nombreux à ce sujet : ils ordonnent, conseillent, orientent et montrent l’importance que l’Islam accorde au foyer, aux époux et aux enfants.
À retenir
- La famille est le noyau de la société musulmane : si elle est droite, la société se redresse ; si elle se corrompt, la société en porte les effets.
- Le bon choix du conjoint, la responsabilité, le réalisme et l’accomplissement des droits font partie des premières règles de stabilité familiale.
- L’éducation repose sur l’invocation, l’adoration d’Allah, le modèle concret des parents, la douceur, la vérification et la maîtrise des émotions.
- Les parents doivent relier leurs enfants à Allah, aux pieux modèles, aux bonnes fréquentations, au bien, à l’aumône et à une vision équilibrée de la vie.
La place immense de la famille en Islam
Allah a créé les êtres humains d’un seul être, puis a créé de lui son épouse, et de ce couple Il a fait se répandre une multitude d’hommes et de femmes. Il ordonne de Le craindre et de préserver les liens du sang. Allah a aussi fait de l’union entre les deux époux un signe parmi Ses signes : Il a créé pour les hommes, d’eux-mêmes, des épouses afin qu’ils trouvent auprès d’elles la tranquillité, et Il a mis entre eux affection et miséricorde.
Allah fait don de filles à qui Il veut, de garçons à qui Il veut, donne à la fois garçons et filles, et rend stérile qui Il veut. La famille a donc, en Islam, une valeur élevée et un rang éminent. Elle représente le noyau de la société musulmane.
Si la famille est droite, la société l’est aussi. Si la famille est corrompue, la société l’est aussi. Et si la droiture se trouve dans certaines familles tandis que la corruption se trouve dans d’autres, la société se retrouve en déséquilibre entre ces deux directions.
1. La règle du choix
La première règle est celle du choix : le choix de l’épouse par l’époux, et le choix de l’époux par l’épouse. Les hadiths authentiques du Prophète ﷺ insistent sur le bon choix. La personne ne doit pas s’arrêter aux aspects apparents, mais regarder ce qui est réellement bénéfique.
Concernant le choix de l’épouse, le Prophète ﷺ a orienté l’homme à faire de la religion sa première préoccupation. Les gens peuvent rechercher la richesse, la lignée ou la beauté, alors que la religion peut être absente.
À l’inverse, la femme et ses tuteurs doivent veiller à la religiosité et à la moralité de celui qui se présente. Le Prophète ﷺ a averti que délaisser ce critère entraîne trouble sur terre et vaste corruption.
Cette règle montre que la législation prend soin de la famille avant même sa construction. Si la religion est présente chez les deux époux, cette relation peut produire, par la permission d’Allah, une descendance pieuse.
2. La règle de la responsabilité
Le Prophète ﷺ a dit que chacun est un berger et que chacun est responsable de son troupeau. La constitution d’une famille est donc une responsabilité immense. Elle n’est pas une simple formalité sociale.
Allah interrogera l’époux sur ce qu’Il lui a confié. Il interrogera également l’épouse sur sa responsabilité envers le foyer de son époux. Chaque époux a un rôle à tenir dans cette famille. Allah dit que les hommes ont autorité sur les femmes, et le Prophète ﷺ a indiqué que la femme est bergère dans la maison de son époux.
La famille ressemble à un navire. Elle a un capitaine, et ses occupants doivent naviguer jusqu’à bon port en répondant à l’appel d’Allah et de Son Messager. Beaucoup d’époux n’ont pas conscience de cette responsabilité et veulent conserver une vie de célibataire après le mariage. C’est une grande erreur.
Le mariage entraîne un changement de vie. Il faut délaisser certaines habitudes pour l’intérêt de la famille, de l’épouse, de l’époux et des enfants. Celui qui connaît la valeur de la famille comprend que le mariage est une voie licite permettant de fonder une famille utile à la société.
3. La règle du réalisme
Le réalisme fait partie des règles les plus importantes dans la vie familiale. L’époux et l’épouse doivent savoir que la vie familiale n’est pas une vie idéale comme dans les récits imaginaires. C’est une vie réelle, où l’homme et la femme se côtoient constamment.
Cette proximité peut provoquer des tensions, des désaccords, des critiques et des problèmes. Aucun foyer n’est exempt de cela. Même le foyer du Prophète ﷺ a connu certaines situations, alors qu’il est le meilleur modèle à suivre.
Certaines personnes tardent à se marier parce qu’elles cherchent une personne parfaite, sans défaut. Cet idéalisme mensonger est une cause de problèmes et de divorces. Il faut vivre les choses de manière réaliste, loin des suppositions impossibles à concrétiser.
4. La règle des droits et des devoirs
Parmi les règles les plus importantes figure l’accomplissement des droits et des devoirs. Allah a imposé à l’homme un ensemble de droits et de devoirs. Il en a également imposé à la femme. Il existe aussi des droits partagés.
Parmi les droits de la femme sur son mari : la dot, la dépense, le logement, la nourriture, la boisson, les vêtements et la bonne cohabitation. Allah dit de se comporter convenablement envers elles.
À l’opposé, la femme doit accomplir les droits qu’elle doit à son mari, notamment dans la cohabitation selon l’usage, la préservation du foyer, la préservation des enfants, la demande de permission dans ce qui relève du droit du mari, et le respect du cadre conjugal.
Beaucoup de fractures familiales sont causées par la négligence des droits et des devoirs. Beaucoup réclament leurs droits mais ne donnent pas ce qui leur incombe. Si l’époux et l’épouse accomplissent leurs droits et devoirs, le bateau du foyer naviguera, par la permission d’Allah, jusqu’à bon port.
La personne accomplit ces droits selon sa capacité, car Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. Une des deux parties peut aussi renoncer à certains droits au profit de l’autre : c’est un don et une cause de continuité de l’affection.
5. Fermer les yeux sur certaines choses
Parmi les règles éducatives et familiales : fermer les yeux sur certaines choses. Cela ne signifie pas être insouciant, mais s’élever au-dessus du fait de tout scruter, de s’arrêter sur chaque détail et de demander des comptes sur chaque chose.
La nature humaine est faite d’erreurs et de manquements. Personne n’a atteint la perfection. Il faut donc parfois traiter la chose, et parfois fermer les yeux. Le généreux ne scrute pas tout.
Fermer les yeux ne signifie pas ignorer l’interdit. C’est se détourner de certaines fautes et négligences qui ne vont pas jusqu’à l’interdit. Beaucoup de foyers sont détruits parce qu’on ne ferme pas les yeux : le soupçon est placé au rang de la certitude et le doute est traité comme une preuve.
Chaque partie doit interpréter les actes de l’autre de la meilleure manière possible. La vie conjugale implique une proximité quotidienne, et il est impossible que les avis et les désirs concordent toujours.
6. L’invocation pour la famille et les enfants
Parmi les plus grandes règles, il y a l’invocation pour les enfants et pour la famille. Beaucoup la négligent parce qu’elle est facile à faire, mais difficile à garder constamment en mémoire.
Les prophètes invoquaient pour eux-mêmes, pour leurs parents et pour leurs descendants. Ibrâhîm عليه السلام invoqua pour que lui et ses enfants soient préservés de l’adoration des idoles. Le Prophète ﷺ a mentionné l’invocation du parent pour son enfant parmi les invocations exaucées.
Les personnes qui méritent le plus ton invocation sont ta famille et tes enfants. La femme invoque pour son époux, l’époux invoque pour son épouse, et tous deux invoquent pour leurs enfants.
Il ne faut pas attendre un effet immédiat de l’invocation. Il se peut qu’une invocation soit retardée, puis qu’Allah décrète grâce à elle une immense droiture. Celui qui réforme réellement est Allah. Le parent n’est qu’une cause.
7. Fonder la famille sur l’adoration d’Allah
La règle la plus importante est de fonder la famille sur l’adoration d’Allah. Allah ordonne aux croyants de se préserver eux-mêmes, ainsi que leurs familles, d’un feu alimenté par les hommes et les pierres.
Il faut ouvrir les enfants, dès leur plus jeune âge, à l’unicité d’Allah et à la foi en Lui. Beaucoup se concentrent sur les comportements dans l’éducation des enfants, ce qui est important, mais il y a plus important encore : planter dans leurs âmes l’unicité d’Allah et renforcer leur lien avec Lui.
L’exhortation de Louqmân à son fils est une grande règle éducative : il lui a d’abord enseigné de ne rien associer à Allah, puis la conscience qu’Allah observe tout, puis la prière, puis l’ordre du bien, l’interdiction du mal, la patience et les bons comportements.
Cette exhortation construit la relation de l’homme avec son Seigneur, avec lui-même et avec ceux qui l’entourent.
8. L’éducation par le modèle
L’éducation par le modèle est une règle familiale, sociale et éducative immense. L’influence par les actes est plus forte que l’influence par les paroles. Il est facile de parler, mais difficile d’agir.
Les enfants imitent leurs parents, surtout dans les premières années de leur vie. Une petite fille peut porter le hijab, prier et imiter sa mère parce qu’elle l’a vue faire. Un garçon peut veiller à la prière parce qu’il a vu son père le faire.
Si tu veux que ton fils ou ta fille soit dans une certaine voie, sois toi-même pour eux un bon modèle. Si les enfants voient de la négligence, ils seront négligents. S’ils voient de l’entrain, ils auront de l’entrain.
9. L’humilité dans le foyer
Le chef de famille et la maîtresse de maison doivent faire preuve d’humilité dans le foyer, afin que les enfants acquièrent cette qualité. Le Prophète ﷺ avait dans sa maison une humilité particulière : il était au service de ses proches, réparait, aidait, puis sortait lorsqu’il entendait l’appel à la prière.
L’humilité fait fondre beaucoup de rigidités qui peuvent créer des fossés entre les enfants et leurs parents. Une erreur fréquente consiste à transporter son statut social, professionnel ou sa renommée à l’intérieur du foyer.
Allah a créé les foyers pour cacher les gens, pour qu’ils déposent leur réserve et se montrent humbles les uns envers les autres.
10. Vérifier et s’assurer
La vie familiale est traversée par des problèmes, des soupçons et des rumeurs. Si une parole est colportée, il faut vérifier et s’assurer. La famille est une entité soudée qu’il faut préserver.
Allah ordonne de vérifier lorsqu’une nouvelle nous parvient, de peur de porter atteinte à des gens par ignorance puis de regretter. L’événement de la calomnie contre ‘Aïchah est une grande leçon : le Prophète ﷺ ne s’est pas précipité dans le jugement, mais a vérifié.
Des familles se sont effondrées à cause d’une simple rumeur ou du colportage d’un menteur. Il faut toujours vérifier, entre époux comme entre parents et enfants.
11. Ne pas décider sous l’effet de l’émotion
La vie familiale connaît forcément des frictions. Il ne convient pas à celui qui veut préserver sa famille de prendre une décision sous l’effet de la colère, de l’irritation ou de l’émotion.
Un homme demanda au Prophète ﷺ une recommandation. Il répondit : ne te mets pas en colère. La colère rassemble beaucoup de mal, car celui qui décide dans cet état finit souvent par regretter.
Dans les situations tendues, il peut être utile de sortir de la maison ou de s’éloigner du lieu de tension afin de retrouver sa raison et de réfléchir sainement.
12. Être conciliant avec les défauts
Tout être humain fait des erreurs. Le Prophète ﷺ a dit que tous les fils d’Adam font des erreurs, et que les meilleurs de ceux qui font des erreurs sont ceux qui se repentent.
Un homme peut détester un défaut précis chez son épouse, alors qu’elle possède de la droiture, de la religiosité et de bons comportements. Il ne lui est pas permis de réduire toute son épouse à ce défaut. De même, la femme ne doit pas réduire son mari à un ou deux comportements.
Cela ne signifie pas être satisfait du défaut. Le défaut reste un défaut, mais il faut parfois vivre avec certains défauts tout en continuant à corriger et orienter.
13. Ne pas fonder son éducation sur ce que font les autres
Ton éducation ne doit pas être fondée sur ce que font les autres. Certaines familles veulent copier la méthode d’autres familles qui ont réussi, alors que ce qui convient aux autres ne convient pas forcément à leur propre foyer.
Il ne s’agit pas ici des fondements religieux comme la prière, les adorations, la lecture du Coran, la mémorisation et la recherche de la science. Il s’agit plutôt des métiers, ambitions et choix liés à la vie d’ici-bas.
Un père ne doit pas faire passer la spécialisation ou le métier de son enfant avant les fondements religieux.
14. Critiquer l’acte ou l’idée, non la personne
La critique doit être dirigée vers l’acte négatif ou l’idée négative, non vers la personne elle-même. Beaucoup de parents détruisent la personnalité de leur enfant en l’insultant directement.
La méthode éducative correcte consiste à critiquer l’idée ou l’acte, avec sagesse, douceur et bienséance. L’objectif est de corriger, non de briser.
15. Garder le contrôle dans les situations délicates
Lorsque les époux se disputent, le principe est de ne pas transférer le désaccord à l’extérieur du foyer. Si le conflit sort, il peut être exploité par une personne malveillante ou amplifié par une personne bien intentionnée mais dominée par l’émotion.
Il ne faut laisser personne penser à notre place ou décider à notre place. Le conflit doit d’abord être contenu à l’intérieur du foyer. Si cela ne fonctionne pas, alors seulement le problème sort avec des arbitres des deux familles.
Un problème entre époux peut se résoudre rapidement, tandis que l’intervention émotionnelle extérieure peut l’aggraver.
16. S’entraîner à la tolérance
Il est important d’éduquer sa famille et ses enfants à la tolérance. Allah aime ceux qui dominent leur colère et pardonnent à leur prochain. Le Prophète ﷺ a pratiqué le pardon dans sa vie, même envers ceux qui l’avaient combattu.
Il est erroné de planter dans l’enfant l’esprit de vengeance en lui disant de répondre à l’insulte par l’insulte ou au coup par le coup. Cela plante la violence et l’amour de la vengeance.
Il faut plutôt enseigner à l’enfant comment prendre son droit par des voies légales, réglementaires et convenables.
17. Rejeter les fautes et les choses blâmables dans le foyer
Le foyer doit être serein, éloigné des choses blâmables qui peuvent conduire au départ des anges et à l’entrée des démons. Le Prophète ﷺ était tolérant et humble, mais il n’acceptait pas les fautes et les choses blâmables dans son foyer.
Il refusait les représentations interdites, les chiens dans la maison, la médisance et les comportements mauvais. Il corrigeait parfois par la parole, parfois par son visage, parfois par son silence.
Le foyer doit être occupé par l’évocation d’Allah, l’obéissance, l’adoration et les tâches utiles.
18. Équilibrer les intérêts et les nuisances
Parmi les règles importantes : équilibrer les intérêts et les nuisances. À la base, tous les intérêts doivent être obtenus si possible. Si cela n’est pas possible, on obtient le plus grand intérêt et on délaisse le plus petit.
De même, les nuisances doivent toutes être repoussées si possible. Si cela n’est pas possible, on repousse la plus grande nuisance en supportant la plus petite. Dans le foyer, il peut y avoir deux nuisances : si l’on ne peut éviter les deux, on supporte la plus légère pour éviter la plus grande.
19. Plaisanter, être doux et être une compagnie agréable
Parmi les fondements de l’éducation : plaisanter, être doux et être une compagnie agréable. Le chef de famille doit parfois sortir du vêtement de retenue qu’il porte à l’extérieur.
Le Prophète ﷺ plaisantait avec ses épouses et permettait les plaisanteries, tout en ne disant que la vérité. La compagnie agréable, la douceur et la plaisanterie sont le sel de la vie.
La vie familiale passe par des phases monotones. Le père a alors un rôle pour changer ce rythme et transformer la routine vers quelque chose de meilleur.
20. Mettre l’accent sur les points positifs
Il faut se concentrer sur les points positifs tout en signalant les aspects négatifs. Se focaliser uniquement sur les aspects négatifs ne permet pas une éducation saine.
Le Prophète ﷺ donna l’exemple avec ‘Abd Allah ibn ‘Oumar en disant : quel excellent homme est ‘Abd Allah, si seulement il se levait la nuit. Il a commencé par l’éloge, puis a indiqué la voie d’amélioration. Après cela, ‘Abd Allah ne délaissa plus la prière de nuit.
L’éducateur doit donc mentionner les points positifs, les raviver et les renforcer.
21. Ne pas réduire l’éducation à l’échec d’un enfant
Il ne faut pas réduire la réussite de son éducation à l’échec d’un seul enfant ou de deux. Certains parents pensent que toute leur éducation a échoué parce qu’un enfant a pris une voie différente.
Nouh عليه السلام était un Messager, et pourtant l’un de ses fils a dévié. Il faut donc faire avancer la caravane éducative, même si certains enfants restent en arrière.
Cela rappelle la distinction entre la guidée de l’orientation, que le parent peut transmettre, et la guidée de la réussite, qui appartient à Allah.
22. Faire primer le langage de l’amour
Il convient de faire primer le langage de l’amour sur celui de la punition. Certains responsables de famille sont dominés par l’autoritarisme. Le père et la mère doivent remplir les enfants de paroles et de sentiments d’amour, non de menaces permanentes.
Toujours lever le bâton n’est pas bénéfique dans l’éducation. Le Prophète ﷺ inondait ses filles et les enfants de ses filles d’amour et de paroles douces.
23. Chercher de l’aide extérieure dans l’éducation
Le père ou la mère peut avoir besoin d’aides extérieures pour certaines questions éducatives. Parmi les moyens indirects : le sermon du vendredi, les cours religieux, les cercles de rappel et les assemblées de science.
Parfois, l’enfant accepte davantage d’un savant, d’un étudiant en science ou d’une personne pieuse que de son propre père. Une recommandation faite par une personne respectée peut rester gravée dans son esprit.
24. Le rôle des grands-parents
Les grands-parents sont un facteur important dans l’éducation familiale. Leur miséricorde n’est pas toujours de même nature que celle des parents. Il faut préserver leur rôle et veiller à ce qu’ils aient une présence active et influente.
Il se peut que le père ou la mère soit incapable de résoudre un problème, alors que le grand-père ou la grand-mère peut le résoudre facilement.
25. Consulter les spécialistes
Lorsque le père ou la mère se retrouve dans une impasse avec un enfant ou dans une situation entre époux, il n’y a pas de mal à consulter des spécialistes, notamment les savants et les gens de science.
Les conseils des savants ont un impact sur les cœurs. Ils conseillent pour Allah et rappellent par le Livre et la Sounnah.
26. Le choix des fréquentations
Le choix des fréquentations est une affaire très importante. Le Prophète ﷺ a dit que l’homme suit la religion de son ami proche, et que chacun regarde donc qui il fréquente.
Le père doit intervenir dans le choix des fréquentations de ses enfants. Le compagnon a un fort impact sur la personnalité et la manière de penser de l’enfant. Il peut parfois avoir plus d’influence que ses propres parents.
27. Faire participer les enfants aux assemblées
Il est important d’emmener les enfants aux assemblées, pas seulement aux assemblées de science, mais aussi aux assemblées d’hommes. Les assemblées sont des écoles : l’enfant y observe les anciens parler avec sagesse, discuter, raconter et transmettre des expériences.
Certaines personnes chassent leurs enfants lorsqu’elles reçoivent des invités. C’est une erreur. Il faut les faire asseoir, écouter et apprendre concrètement la manière de parler et de se comporter.
28. Permettre un divertissement innocent et licite
Parmi les règles importantes : permettre aux membres de la famille, surtout aux enfants, un divertissement innocent et licite. Le Prophète ﷺ permettait à ses proches certaines formes de divertissement licite, faisait la course avec ‘Aïchah et plaisantait avec les enfants.
Les cœurs se lassent comme les corps se lassent. Il faut donc chercher pour eux des choses sages et plaisantes, loin des interdits et de ce qui affecte les comportements ou la santé.
29. Renforcer les valeurs conformes à la législation
Il faut renforcer les habitudes et les valeurs qui sont en harmonie avec la législation et qui ne s’y opposent pas. Certaines coutumes et valeurs présentes dans les sociétés musulmanes proviennent de la législation ou s’accordent avec elle.
Tant qu’une valeur ou une coutume ne s’oppose pas au Livre et à la Sounnah, elle peut être utilisée dans l’éducation.
30. Relier la famille à l’histoire des pieux prédécesseurs
Il est important de relier la famille à son histoire, en particulier à l’histoire du Prophète ﷺ, des Compagnons et des pieux prédécesseurs. Si les bons modèles sont absents, ils sont remplacés par de mauvais modèles.
Les anciens apprenaient les batailles du Messager d’Allah ﷺ comme on leur apprenait une sourate du Coran. Il faut relier les jeunes au Livre d’Allah, à la Sounnah et aux modèles des gens de l’Islam.
31. Habituer les enfants au bien
Il faut habituer les enfants au bien dès leur jeune âge : la prière, le jeûne, l’aumône et l’évocation d’Allah. Le Prophète ﷺ a ordonné d’enseigner la prière aux enfants à l’âge de sept ans.
Lorsque le père voit une boîte de dons à la mosquée, il peut confier à son enfant le rôle de déposer l’aumône afin qu’il s’habitue au don et au bien.
32. La motivation dans l’éducation
La motivation fait partie des règles éducatives importantes. La législation ne l’a pas négligée. Le Prophète ﷺ motivait ses Compagnons en mentionnant leurs qualités, comme il le fit avec ‘Abd Allah ibn ‘Oumar.
Les récompenses matérielles peuvent parfois aider l’enfant à avancer, mais il ne faut pas en faire une habitude permanente. Il faut ensuite l’amener vers la récompense d’Allah.
33. Dépenser avec générosité pour sa famille
Dépenser avec générosité pour sa famille est un aspect éducatif que beaucoup négligent. Il faut subvenir aux nécessités et aux besoins, et ne pas laisser sa famille dans le besoin lorsque l’on a la capacité de dépenser.
Celui qui a les moyens ne doit pas être avare envers sa famille, tout en maîtrisant ses dépenses : ni avarice, ni gaspillage.
34. L’aumône
L’aumône est une règle importante. Certaines personnes, lorsqu’elles parlent d’éducation, négligent l’au-delà et l’adoration. Pourtant, la relation avec Allah est centrale, notamment par l’invocation et l’aumône.
Les manquements qui peuvent arriver dans l’éducation, l’enseignement et l’orientation peuvent être expiés par l’aumône, la prière, le jeûne, l’ordre du bien et l’interdiction du blâmable. Il convient donc que les mains soient généreuses en dons, dépenses et aumônes.
Questions liées à la famille et à l’éducation
Le fils ou la fille qui conseille un père ou une mère doit se rappeler qu’il n’existe envers les parents qu’une seule voie : la bonté. Même lorsqu’ils se trompent, il faut leur parler avec douceur, patience et respect.
Pour fonder une famille accomplie, il faut lire dans la Sounnah du Prophète ﷺ et dans sa biographie, non de manière superficielle, mais avec les explications des savants et avec le cœur.
Une femme peut patienter si son mari néglige certains droits, dans l’espoir qu’il change et en espérant la récompense d’Allah. Celui qui reçoit un bienfait doit aussi retenir sa langue et ne parler de ses affaires qu’à ceux qui aiment le bien pour lui.
Lorsqu’un enfant pose une question liée à la croyance, il ne faut pas le laisser sans réponse. S’il reste sans réponse, il peut se tourner vers ceux qui rempliront son cœur de mal.
Il faut aussi rappeler que surveiller son épouse ou son époux avec une application est une intrusion et un espionnage interdit. La vie conjugale doit être fondée sur la confiance.
Il faut vérifier les informations avant d’établir un jugement, réveiller les enfants pour la prière du Fajr avec sagesse, et rappeler que la prière obligatoire debout reste un pilier pour celui qui en est capable.
Conclusion
La famille en Islam repose sur des règles profondes : le bon choix, la responsabilité, le réalisme, l’accomplissement des droits et des devoirs, la capacité à fermer les yeux sur certaines choses, l’invocation, l’adoration d’Allah, l’éducation par le modèle, l’humilité, la vérification, la maîtrise des émotions, la tolérance, la douceur, la correction des fautes, le choix des fréquentations, l’attachement aux bons modèles, l’habitude du bien, la motivation, la dépense équilibrée et l’aumône.
Ces règles ne sont pas de simples principes théoriques. Elles construisent le foyer, protègent les enfants, renforcent les époux et préservent la société. Le mérite revient à Allah en premier et en dernier.
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